Ces propriétaires ne peuvent pas bâtir en bord de littoral – Ile-Tudy

Article Ouest France du mardi 13 mars 2012 : source Ouest France


Maurice Le Pape, un propriétaire qui ne peut pas construire sur son terrain.

À l’Île-Tudy, des propriétaires de terrains rencontreront le secrétaire général de la préfecture, Martin Jaeger, ce mercredi pour dénoncer la non-constructibilité de leurs biens.

Une quarantaine de familles propriétaires de terrains sur l’Île-Tudy, dénoncent l’arrêté préfectoral, du 24 janvier 2011, instituant la non-constructibilité pour cause de submersion marine. Cinq membres du collectif de l’île Tudy rencontrent, ce mercredi à Quimper, le secrétaire général de la préfecture, Martin Jaeger pour être entendu lors du prochain plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) prévu pour 2013-2014.

Créé au mois d’octobre, ce collectif revendique la délivrance de permis de construire sur leurs terrains longs de 400 à 700 m 2 , situés au nord de l’île. « L’arrêté a été institué en Vendée suite à la tempête Xynthia en 2010. Mais nous n’avons pas la même géographie, nous ne sommes pas dans un entonnoir », souligne Maurice Le Pape, propriétaire.

« Nous nous sentons spoliés »

Certains ont hérité de terrains, d’autres en ont acheté. « Ma parcelle se situe en zone bâtie, je l’ai acheté en 2001, elle fait 550 m 2 et je ne peux rien faire dessus, déplore Vincent Desrues, un autre propriétaire. Nous nous sentons spoliés, cette décision a été prise sans concertation. Nous n’avons pas le droit de construire mais les maisons présentes peuvent réaliser des extensions, ce n’est pas juste. »

Pour Maurice Le Pape, la dévaluation financière de son terrain est énorme : « Sans permis de construire, le terrain ne vaut plus rien. J’estimais le mien à près de 100 000 euros. Aujourd’hui, si j’arrive à le vendre, je serai heureux d’en gagner 10 000 euros. Pour cela, une demande d’indemnisation sera formulée auprès de la préfecture, si la non-constructibilité est toujours de mise. »

L’incompréhension est d’autant plus grande pour le collectif, que la dune du Treskell a été renforcée en 2011 pour permettre une plus grande protection des habitations face à la mer. « Une dune en terre à la limite de Combrit et de l’Île-Tudy devrait permettre une seconde grosse protection », confie Maurice Le Pape.

Un camping en fumée

Parmi les propriétaires, un gérant de camping a vu son entreprise partir en fumée. « Un promoteur devait lui acheter son entreprise, et suite à l’arrêté, celui-ci a tout perdu. Sur nos terrains, nous pouvons installer des mobil-homes et des camping-cars, seulement trois mois dans l’année, souligne Maurice Le Pape. Si ça continue, nos terrains ne seront plus que des friches. »

Après huit mois de combat, le collectif semble ne pas voir le bout du tunnel. Après plusieurs prises de contact avec le maire de l’Île-Tudy, Daniel Gloaguen, le président de la communauté de communes du Pays bigouden Sud, Jean-Paul Stanzel, le comité souhaite rencontrer d’autres personnes, dont le président du Conseil général et le maire de Riec-sur-Bélon, Sébastien Miossec. Une affaire qui n’est pas prête d’en découdre.

Gaëlle LIOT.

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